Tituba raconte son existence depuis la Barbade jusqu’à la Nouvelle-Angleterre. Née dans l’esclavage, elle apprend auprès de Man Yaya des pratiques de soin et une relation aux esprits qui la distinguent de la société puritaine où elle sera ensuite emmenée. Accusée lors des procès de Salem, elle devient une figure que l’histoire a presque effacée. Le récit imagine ce qu’a pu être sa voix, ses liens et son regard sur les violences de race, de sexe et de religion qui organisent le monde autour d’elle.
Maryse Condé transforme une silhouette historique en narratrice d’une fiction fantastique. Moi, Tituba, sorcière… Noire de Salem ne se contente pas de reconstituer un épisode célèbre : le livre interroge les archives qui ont laissé certaines vies sans parole et les systèmes qui les ont rendues vulnérables. La sorcellerie y relève d’un savoir transmis, mêlé à la mémoire et à la survie, plus que d’un effet de merveilleux. La narration suit une vie et garde la proximité de l’expérience vécue, tout en faisant de l’esclavage, du puritanisme et du racisme des réalités politiques. Cette articulation entre intimité, histoire et imaginaire donne au livre sa portée particulière.
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Ce qui caractérise Moi, Tituba, sorcière... Noire de Salem
Un aperçu des traits les plus marqués de cette lecture.