Le fils d’un libraire ne supporte pas les livres et préférerait éviter la boutique familiale. Un jour, il y surprend un étrange visiteur qui ne vole ni monnaie ni volumes : muni d’une paille, l’inconnu aspire l’encre des pages. L’enfant comprend qu’il a affaire à un vampire d’un genre particulier, capable de se nourrir des histoires imprimées. Cette rencontre bouleverse son regard sur les rayonnages qui l’entourent et l’entraîne dans une aventure où lire cesse d’être une obligation imposée par les adultes.
Le buveur d’encre détourne les codes du fantastique pour en faire un jeu autour du pouvoir des livres. Éric Sanvoisin ne traite pas le vampire comme une figure de terreur : son appétit insolite fournit le ressort comique et ouvre un imaginaire immédiatement compréhensible pour de jeunes lecteurs. La narration très brève suit une seule découverte et la transformation du rapport du narrateur à la lecture. La librairie devient le cadre d’une fable légère où les mots ont une matérialité, un goût et une capacité à circuler autrement que par la lecture silencieuse. Le livre reste volontairement simple dans sa construction, mais son invention centrale permet d’aborder la réticence à lire sans discours scolaire ni promesse publicitaire.
Le profil Orion
Ce qui caractérise Le buveur d'encre
Un aperçu des traits les plus marqués de cette lecture.