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Œuvre du catalogue Orion
Le Temps n’est rien
Henry DeTamble est atteint d’un trouble génétique qui le projette sans avertissement vers d’autres moments de sa propre vie. Lorsqu’il rencontre Clare Abshire à la bibliothèque où il travaille, il ne la connaît pas encore ; elle, en revanche, l’attend depuis l’enfance, car des versions plus âgées de Henry lui ont rendu visite pendant des années. Leur relation se construit donc dans deux ordres différents. Clare avance chronologiquement, tandis que Henry disparaît, revient plus jeune ou plus vieux et découvre parfois les conséquences d’événements qu’il n’a pas encore vécus.
Audrey Niffenegger utilise le voyage temporel comme contrainte intime plutôt que comme moyen de corriger l’Histoire. Henry ne choisit ni sa destination ni le moment de ses absences, et chaque départ laisse Clare seule avec une connaissance inégale de leur avenir. Le couple tente de construire un quotidien — travail, maison, désir d’enfant — autour d’un corps qui échappe au présent. La singularité du roman tient à cette chronologie désaccordée : l’amour ne supprime pas l’attente ni la perte, mais donne aux rencontres répétées un sens différent pour chacun. Vivre ensemble consiste moins à maîtriser le temps qu’à accepter que deux personnes ne traversent jamais exactement la même histoire.




